Thursday, September 17, 2009

Objet : CÔTE D';IVOIRE : LES DÉCHETS TOXIQUES DU PROBO KOALA ONT CAUSÉ DES
DÉCÈS - RAPPORT

CÔTE D';IVOIRE : LES DÉCHETS TOXIQUES DU PROBO KOALA ONT CAUSÉ DES DÉCÈS -
RAPPORT
New York, Sep 16 2009 5:50PM
Il y a suffisamment de preuves pour affirmer que le déversement en Côte
d';Ivoire de déchets toxiques par un navire en 2006 aurait causé plus d';une
dizaine de morts et rendu malades des dizaines de gens dans ce pays, a
déclaré mercredi un expert indépendant auprès des Nations Unies.

En août 2006, 500 tonnes de déchets toxiques appartenant à la société
néerlandaise Trafigura avaient été déversés par le cargo Probo Koala sur
plusieurs sites de la région d';Abidjan. Selon des sources officielles, ces
déchets toxiques auraient entraîné 15 décès, l';hospitalisation de 69
personnes et plus 108.000 consultations médicales.

« Nous ne savons pas, et nous ne serons peut-être jamais, le plein effet du
déversement de 500 tonnes de déchets toxiques en Côte d';Ivoire », a déclaré
l';expert Okechukwu Ibeanu dans un communiqué. « Mais de prime abord, il
semble qu';il y ait des preuves que les décès et les effets sur la santé
signalés sont liés au déversement de déchets par le cargo Probo Koala. »

M. Ibeanu, qui est le rapporteur spécial du Conseil des droits de l';homme
de l';ONU sur les conséquences néfastes des mouvements et déversements
illicites de produits et déchets toxiques et nocifs pour la jouissance des
droits de l';homme, a effectué des visites aux Pays-Bas et en Côte d';Ivoire
avant d';émettre ses conclusions et recommandations.

Il a encouragé toutes les parties concernées à prendre les mesures
nécessaires pour « répondre aux effets à long terme de l';incident,
notamment sur la santé et l';environnement ». « De plus amples mesures
devraient êtres prises pour protéger le droit à la vie, le droit à jouir du
plus haut niveau de santé physique et mentale, et le droit à un
environnement sain des victimes de la tragédie et de leurs familles »,
a-t-il ajouté.

Des procédures légales sont en cours aux Pays Bas et au Royaume Uni
concernant la composition exacte et la nature toxique des déchets en
question.
Sep 16 2009 5:50PM
________________

Veuillez consulter le site du Centre de nouvelles ONU pour plus
d'information http://www.un.org/french/newscentre/

Friday, November 24, 2006

Suspension du Gouverneur Amondji: Le conseil du District d’Abidjan met en garde Banny




vendredi 24 novembre 2006 - Par Notre Voie
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C'est aujourd’hui que prend fin la mesure de suspension du gouverneur du District d'Abidjan, M. Pierre Djedji Amondji. C'est à ce titre que le conseil du district d'Abidjan a mis en garde mardi dernier, à l'Hôtel du district d'Abidjan, la tutelle (le ministère de l'Administration territoriale) et le Premier ministre Charles Konan Banny afin d’éviter une troisième suspension consécutive du gouverneur Amondji. Bayéto Patrice (le secrétaire général du bureau du conseil), le vice-gouverneur Danho Emile, les conseillers Danho Eléonore, Bouazo et Kouakou Mathieu ont à ce sujet animé une conférence de presse. Pour tous ces conférenciers, le personnel du district a géré socialement la crise. Pour eux, il faut maintenant la gérer autrement. “Nous avons choisi la voie pacifique parce que nous avions eu confiance en nos institutions. Nous allons agir désormais autrement. Nous ne permettrons pas la déliquescence de notre institution. Les choses prendront fin. Nous réagirions de façon graduelle. Il faut éviter que les abus s'accumulent”, a indiqué M. Bayeto Patrice.Tous ont vivement souhaité le retour du gouverneur Amondji et le fonctionnement normal du District d'Abidjan. Pour eux, il est impensable que, le gouverneur Amondji, celui-ci ne puisse ne pas être réhabilité. S'agissant de la rumeur qui court, selon laquelle M. Amondji a été suspendu pour la troisième fois consécutive, Bayeto Patrice affirme qu'il n'en est rien et que cette mesure ne concerne pas le District d'Abidjan. Pour préserver la paix sociale en évitant une autre mesure défavorable au gouverneur Amondji, source de désordre et de remous, les conférenciers se sont opposés à une autre tentative de division des Ivoiriens au sein des structures décentralisées dont le district d'Abidjan. Ils ont appelé au respect des textes par les gouvernants et les gouvernés et se sont enfin réservé le droit d'agir avec fermeté pour la réhabilitation du gouverneur Amondji et le retour de l'ordre institutionnel au district d'Abidjan.Charles Bédé
Rapport d’enquête sur le "proboKoala" - De la suspension au limogeage



vendredi 24 novembre 2006 - Par Le Patriote


© Abidjan.net par EmmaM.

Koné Mamadou s`est rendu à la prison civile d`Abidjan (Maca) le jeudi 16 novembre 2006, en vue de rendre visite aux personnes qui y sont incarcérées dans le cadre de l`affaire des déchets toxiques. Le ministre s`entretient ici avec les responsables de la société Trafigura et les douaniers.les résultats de l’enquête sur le scandale des déchets toxiques sont désormais entre les mains du Premier ministre. Le moment des décisions est arrivé.C’est désormais établi. Gossio Marcel, Gnamien Konan, Amondji Pierre, Tibé Bi Balou et Anaky Kobena sont tous responsables dans le scandale du déversement des déchets toxiques à Abidjan, le 19 Août dernier et qui a occasionné une dizaine de morts et plusieurs centaines d’intoxiqués. La Commission nationale d’enquête, mise sur pied par le Premier ministre et présidée par le magistrat hors hiérarchie Fatou Diakité a rendu, avant-hier mercredi, les résultats de ses travaux. Le rapport présenté par la présidente de la commission met en cause pour « manquements graves » dans l’exercice de leurs fonctions MM. Gossio Marcel, Directeur général du Port autonome d’Abidjan, le Colonel major Gnamien Konan, Directeur des douanes, Amondji Pierre, Gouverneur du district d’Abidjan, le Colonel Tibé Bi Balou, Directeur des Affaires maritimes et portuaires et Anaky Kobena, ex ministre des Transports. Dans cette affaire qui a défrayé les chroniques abidjanaises, les sanctions se sont abattues avant la fin des travaux de la commission d’enquête. Le colonel Tibé Bi Balou qui avait déjà perdu son poste croupit à la MACA. Anaky Kobenan a été sorti du gouvernement à la faveur du remaniement qui a suivi la démission et la reconduction du Premier ministre Charles Konan Banny début septembre dernier. Dans son adresse à la nation, le 14 septembre, le chef du gouvernement suspendait de leur fonction MM. Gossio Marcel, Gnamien Konan et Amondji Pierre. Depuis lors, ceux-ci sont sous le coup de cette suspension administrative. Mais, depuis avant-hier, une nouvelle donne s’est ajoutée dans l’établissement de la vérité avec la publication du rapport de la Commission nationale d’enquête. Maintenant, la responsabilité des patrons des différentes administrations a été établie. Le Premier ministre doit aller au-delà de la simple suspension. Les fautifs doivent être purement et simplement révoqués. Lors de la réception du rapport, mercredi dernier, le Premier ministre a annoncé la fin de l’impunité. « Nous devons rompre avec l’impunité pour renouer avec la notion de bonne gouvernance. La République, pour être viable doit se nourrir, de justice, d’équité et de responsabilité. Il appartient au gouvernement et aux plus hautes autorités de ce pays de donner la suite administrative et judiciaire », a-t-il annoncé. Cette suite administrative recommande que, à l’instar du colonel Tibé Bi Balou et du ministre Anaky, MM. Gossio, Gnamien et Amondji cèdent leur place à d’autres qui ont un sens plus élevé de leur devoir.

Ferdinand YAO

Thursday, November 23, 2006

CÔTE D'IVOIRE - 22 novembre 2006 - AFP Une cascades de dysfonctionnements, négligences et complicités administratives ont permis le déversement des déchets toxiques mortels dans la ville d'Abidjan, souligne le rapport d'enquête de la Commission nationale sur les déchets toxiques mandatée par le gouvernement, publié lundi. "La commission a relevé des dysfonctionnements et insuffisances de l'administration à plusieurs niveaux" qui "ont permis le déversement des déchets toxiques dans le district d'Abidjan", a indiqué ce rapport lu à la presse par la présidente de la Commission, la magistrate Fatoumata Diakité. Accablant pour la plupart des administrations concernées par ce scandale, le rapport dénonce notamment la "complicité notoire" des dirigeants du Port autonome d'Abidjan (PAA) qui a permis "le déversement des déchets toxiques" puis "le départ d'Abidjan du navire Probo Koala" qui les avait amenés. "Les autorités portuaires ont failli à leur mission, notamment le directeur général du port, Marcel Gossio", souligne le rapport. Il estime que la société Tommy, qui a déversé les déchets, a bénéficié de la "bienveillante protection" des autorités portuaires pour obtenir le contrat de déchargement des quelque 500 tonnes de déchets toxiques du Probo Koala, "alors qu'elle n'avait ni l'agrément ni les compétences" pour le faire. Le rapport relève également les "manquements" du directeur des Affaires maritimes de l'époque, Tibé Bi Ballou, et du ministre des Transports, Anaky Kobena, qui ont signé l'agrément de Tommy sans respecter les procédures. Il souligne également les "dysfonctionnements" des Douanes, qui n'ont pas contrôlé le Probo Koala, et les négligences de leur directeur général, Gnamien Konan, qui ont "contribué au déversement des déchets toxiques". Il note également la "surprenante indifférence" des responsables du district d'Abidjan, notamment son gouverneur Pierre Amondji, qui ont laissé les camions citernes affrétés par Tommy déverser les déchets toxiques en pleine ville. Le rapport met en cause à un degré moindre le ministère de l'Environnement et le centre antipollution (Ciapol), qui "se sont investi dans la gestion de la crise mais ont failli à leur devoir de veille" environnementale au départ. La commission a déploré en conclusion les "insuffisances", la "gestion approximative", la "méconnaissance", la "primauté de l'intérêt particulier sur l'intérêt général", le "manque de déontologie" et la "volonté manifeste" de violer les règles observés dans les administrations mises en cause. MM. Gossio, Konan et Amondji, considérés comme des proches du président Laurent Gbagbo, ont été suspendus de leurs fonctions à la mi-septembre par le Premier ministre Charles Konan Banny. Anaky Kobena, membre de l'opposition, a été écarté du gouvernement. Tibé Bi Ballou a lui été incarcéré à la maison d'arrêt d'Abidjan. Ce texte, qui avait pour but d'établir les responsabilités administratives dans cette affaire, souligne également au passage les larges responsabilités des entreprises impliquées dans cette affaire. Tommy, qui "a toutes les apparences de la société écran créée" pour cette opération, "est l'auteur principal du déversement des déchets", note-t-il. Le rapport reconnaît que Trafigura a prévenu les autorités locales de la toxicité des déchets, mais qu'elle n'a pas respecté la convention de Bâle sur le transport des déchets dangereux et "ne pouvait ignorer l'incapacité technique de la Côte d'Ivoire" à les traiter. La filiale locale de Trafigura, Puma Energie, a elle joué "un rôle déterminant dans le déversement des déchets toxiques", note-t-il. Les émanations des déchets toxiques, déversés dans la nuit du 19 au 20 août, ont provoqué la mort de dix personnes.

Thursday, November 02, 2006

Enquête sur les déchets toxiques - Qui veut noyer le poisson ?




jeudi 2 novembre 2006 - Par Soir Info
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Les Ivoiriens qui attendent, avec beaucoup d’impatience, le résultat des enquêtes sur les déchets toxiques risquent d’être déçus. Tout se passe comme si certaines personnes ne voulaient pas de l’éclatement de la vérité sur ce scandale qui a fait, officiellement, 10 morts, 64 hospitalisés et plus de 104 000 consultations médicales. Sinon comment expliquer que plusieurs enquêtes aient été diligentées sur le plan national ? Après l’éclatement de l’affaire, le chef du gouvernement, d’un côté et le chef de l’Etat, de l’autre, ont mis en place des commissions d’enquête. La grogne était si perceptible que deux ministres de l’opposition, celui des Transports et son homologue de l’Environnement, ont été limogés. Les directeurs généraux du port et des douanes et le gouverneur du district d’Abidjan, proches du chef de l’Etat, ont, quant à eux, été suspendus de leur fonction par le Premier ministre. Cette affaire, qui a choqué la conscience nationale, a amené les autorités ivoiriennes à mettre en place deux commissions d’enquête : la magistrate Fatou Diakité a été cooptée par la Primature, quand la présidence désignait le procureur de la République, Tchimou Raymond. La première commission comprend, outre des magistrats, des membres de la société civile. Des observateurs estiment que l’idéal aurait été de mettre en place une seule commission nationale. Et ceux-là pensent à la commission présidée par Fatou Diakité qui est, apparemment, composite. Cela aurait eu le mérite, selon eux, d’éviter les interprétations qui pourraient en résulter. On se souvient que des voix s’étaient élevées pour protester contre les visites récurrentes du procureur Tchimou chez le chef de l’Etat. Elles craignaient que ces visites entachent les conclusions de l’enquête surtout que des proches du président de la République, sous le coup d’une suspension, attendent d’être rétablis. Va t-il accepter que les responsables de ces structures soient remerciés définitivement, même si leur culpabilité est établie ? C’est la grande question. Pour l’heure, l’Etat ivoirien qui a porté plainte attend d’être dédommagé. Si cette plainte aboutit, nos sources avancent la bagatelle de 500 milliards de F Cfa qui sera récoltée par la Côte d’Ivoire. Ceci expliquerait-il aussi les différentes enquêtes qui ont été diligentées ?par Sylla ARUNA

Monday, September 18, 2006

Après sa visite sur les sites des déchets toxiques/ Laurent Gbagbo annonce : “Pas d’amnistie pour les coupables”


Le Temps - lundi 18 septembre 2006


A l'issue d'une visite à l'hôpital général d'Abobo, à Djibi village et Montézo, le Président Laurent Gbagbo, a tenu à faire des précisions.

Monsieur le Président, que retenir de la tournée que vous venez d'effectuer ?

J'ai visité l'hôpital général d'Abobo Gare parce que des collaborateurs avaient déjà visité les grands centres et des CHU. L'hôpital par rapport aux autres, est un centre plus modeste qui reçoit beaucoup de malades. Ensuite, je se suis allé à Djibi Village où il y eu un dépôt de déchets toxiques. J'ai été fier de trouver une équipe médicale très déterminée aux chevets de la population. Enfin, je suis allé à Montézo dans la sous-préfecture d'Alépé, pour présenter les condoléances de la République à la famille du Jeune Yapo Anges Battesti, décédé suite à l'inhalation des déchets toxiques. Je précise que j'irai dans toutes les familles de ceux qui sont décédés. Officiellement, on a signalé six. Ce à partir de mardi. Car, il est important que quand survient une telle catastrophe, que l'Etat ne reste pas aérien.

Excellence, l'on parle de 30 mille malades, c'est tout de même inquiétant ?

On parle de 42 mille. Il n'y a pas 42 mille malades. Mais 42 mille consultations. Il faut que les journalistes passent la bonne information. Parce que les mêmes malades viennent deux fois voire 4 fois selon leur état. En outre, il convient d'ajouter que la gratuité des soins attire la population. Mais, nous n'allons pas abandonner l'option de la gratuité. Ce que je peux vous dire, c'est que pour avoir, le nombre exact de malades, il faudra diviser le chiffre indiqué plus haut, au moins par trois. Nous avons six morts, c'est beaucoup mais nous n'avons que six morts. Je m'en réjouis et je voudrais profiter de l'occasion pour saluer le corps médical. Partout où je suis passé, je les ais trouvés vraiment efficaces, déterminés et débout. La semaine qui arrive la Présidence va les aider en leur donnant 50 millions pour l'achat des médicaments et de matériel médicaux. Surtout pour aider à trouver du matériel pour la respiration. Parce que parmi ceux qui sont morts certains l'ont été des suites de troubles respiratoires. C'est l'une des raisons pour laquelle j'interroge l'équipe qui m'entoure qui est composée de spécialistes. En outre, je suis allé voir sur place pour aider là où l'aide était nécessaire. Il faut aussi profiter de l'occasion pour corriger là où il y a des dysfonctionnements.

Monsieur le Président, peut-on avoir une idée de l'évolution de l'enquête en cours ?

J'ajoute un complément, j'ai saisi le procureur de la République pour ouvrir une enquête. Et quelques jours après, je me suis rendu compte que les déchets avaient été aussi versés dans des endroits qui n'étaient pas de son ressort. C'est pourquoi, j'ai saisi celui de Yopougon pour lui demander d'ouvrir une autre enquête Les enquêtes sont en cours, les personnes qui ont été appréhendées parlent mais c'est la justice et je ne suis pas encore autorisé à parler. N'oubliez pas que je suis Président du Conseil supérieur de la magistrature, en tant que tel, j'ai un droit de réserve. Je suis au courant. Mais sachez que les enquêtes auront deux aspects. Un aspect purement intérieur à la Côte d'Ivoire et l'autre va concerner l'extérieur. Parce que ces déchets-là n'ont pas été fabriqués ici. Ils ne proviennent pas des activités de notre industrie. C'est à partir d'ailleurs qu'on a décidé de venir les déverser ici. Pour ce qui nous concerne, sachez dès à présent que tous ceux qui seront concernés et condamnés n'auront aucune mesure de grâce de la part du Président de la République. Encore moins de loi d'amnistie les concernant. Celui qui sème la mort dans mon pays doit payer.

La crise armée a éclaté en septembre 2002 les déchets toxiques en septembre 2006. Envisagez-vous quelque chose pour exorciser le mal ?

Je ne suis ni imam ni prêtre, ni rabbin. Je ne peux donc prétendre être exorciste. C'est à nous de nous construire. Tout cela veut dire que bientôt nous allons sortir de cette passe avec le cœur rempli de joie, en conjuguant tous ces malheurs au passé. J'y crois fortement et de plus en plus.

Abidjan est très sale, la décharge d'Akouédo est débordée, à quand le démarrage des travaux de la nouvelle décharge ?

C'est une très belle question. Car ce matin, à Abobo devant l'hôpital, j'ai vu non seulement des ordures entassées mais les caniveaux étaient remplis d'eaux stagnantes. Tout cela montre que si nous voulons que la population soit en bonne santé, il nous faut vivre dans un environnement sain. Jusqu'à présent, quand on parle de déchets dangereux on pense aux déchets nucléaires ou toxiques comme ceux que nous avons à traiter en ce moment. Mais il n'y a pas que ça qui sème la maladie. Les déchets ordinaires que nous voyons partout à Abidjan sèment aussi la maladie. Quand je suis arrivé au pouvoir en 2000, quelques temps après, nous avons dû faire face aux conséquences de ces déchets-là. Pour deux semaines, nous avons du dépenser plus de deux milliards pour soigner les gens. Akouédo est saturé, il faut les comprendre. Ce qu'il nous faut aujourd'hui, c'est de traiter ces sites-là. J'ai passé une journée à Akouédo où j'ai décidé de manger avec eux, dans la maison climatisée d'un cadre. Malgré cela et les fenêtres fermées il y avait des mouches à l'intérieur et de la puanteur. Le jour où nous trouverons une solution à ces problèmes, nous nous débarrasserons de 60% des maladies que nous avons. Pour le moment, nous allons nous atteler à enlever les déchets toxiques d'abord, pour les garder dans un coin en attendant que la justice condamne celui qui nous les a amenés à venir les chercher. Pour la suite, nous allons dans les semaines à venir, enlever les ordures et les amener n'importe où. Mais pas chez les pauvres villageois d'Akouédo. Vous savez que l'Etat a deux sites à Akouédo : il y a deux casernes et les militaires sont malades, les populations aussi. Vous avez bien fait de soulever la question, elle nous tracasse et il faut trouver une solution.

Dans le cadre de l'enquête, certaines personnalités ont été suspendues dont la nomination dépend de votre signature. La forme a-t-elle été respectée ?

Je ne voudrais pas répondre à cette question et je ne voudrais pas faire de la politique. Aujourd'hui, je suis là pour réconforter et apporter assistance à ceux de nos compatriotes qui sont en détresse. Le reste n'est pas pressé. Il faudra désormais vous habituer à cette cellule qui m'entoure. Nous sommes en train de former autour du Président de la République, une équipe d'experts qui sont pour le moment spécialisés dans les questions de santé. Mais pour toutes les catastrophes qui vont advenir, ils seront en contact avec le ministère de la Santé et de l'Environnement pour mieux informer le Président de la République. Au niveau du gouvernement même, la direction de la Protection civile qui était au ministère de la Défense devient un Secrétariat d'Etat auprès du Premier ministre chargée de la Protection Civile et du Citoyen. Nous pensons qu'en responsabilisant ainsi, ça va être mieux.

Propos recueillis par Bamba Mafoumgbé

bamaf2000@yahoo.fr

Friday, September 15, 2006


Le Nouveau Réveil - N°1426 - samedi 16 septembre 2006

Anaky molesté hier par des manifestants à la Riviera : Le film d`un assassinat évité de justesse
samedi 16 septembre 2006

Il est 7h 10, hier à quelques mètres du corridor des Forces de défense et de sécurité (FDS) de la Riviéra Palmeraie. Des manifestants anti-déchets toxiques y ont dressé un barrage pour protester contre l`aggravation de l`odeur dans ce quartier. Une 4X4 Nissan arrive à cet endroit. A bord, se trouve Innocent Anaky Kobena ministre des Transports et président du Mouvement des Forces d`avenir (MFA, parti de l`opposition politique). C`est lui-même qui tient le volant. Sur le siège d`à côté, se trouve son aide de camp le Mdl N`guessan. A l`arrière, ont pris place son épouse Marie Yvonne et son benjamin, un enfant de cinq (5) ans. Il venait de Génie 2000 où il réside et se rendait à Ivosep pour la levée du corps de son frère Charlemagne Anaky Koffi, décédé le 28 août dernier.A la vue des manifestants, l`aide de camp en tenue de gendarme descend et tente de persuader les manifestants de laisser passer le véhicule. C`est à ce moment qu`un manifestant crie "c`est Anaky !". Tout se passe dès lors très vite. Le véhicule est pris d`assaut, les vitres sont brisées et le ministre prend la ferme résolution de descendre. Un groupe de manifestants se désolidarise et fait savoir qu`il faut le laisser partir, en avançant qu`il n`est pas responsable de leurs malheurs. Un autre groupe soutient le contraire. C`est ce groupe qui le contraint à prendre le chemin de la décharge d`Akouédo "pour qu`il aille respirer l`odeur, comme ça on va tous mourir", font savoir des manifestants. Entouré d`une foule surexcitée parmi laquelle des gens qui clament ouvertement qu`il faut en finir ou qui proposent qu`on "les braise", Innocent Anaky Kobéna, son épouse et son fils sont entraînés jusqu`aux encablures du camp d`Akouédo, sur la route de la décharge. Pendant ce temps, des individus le harcèlent, lui tapent dessus, l`injurient. Pendant ce temps aussi, son aide de camp qui n`a pas fait usage de son arme alerte des camarades du bataillon blindé d`Akouédo. Le véhicule est braisé. Ce sont les militaires alertés qui viennent arracher la famille séquestrée des mains de leurs agresseurs. Ils forment un cordon autour de lui tandis que des manifestants continuent de menacer. Au camp militaire d`Akouédo, la famille est placée sous la protection du chef de corps. Alerté, le chef d`Etat major des armées le général de brigade Philippe Mangou, se rend au camp. Il s`entretient avec le ministre et fait appel à un hélicoptère. La famille Anaky et lui-même y prennent place. Direction, une clinique privée située sur le boulevard de Marseille. Il est un peu plus de 8h. Pour Joël N`Guessan, joint au téléphone peu après l`évènement "c`est une tentative d`assassinat". Le général Magou s`est rendu en personne sur les lieux à Akouédo pour prendre avec lui le ministre Anaky à bord d`un hélicoptère. Dans l`aéronef, le général est joint par Mme Simone Gbagbo qui lui demandait si le Ministre Anaky allait bien. Jusqu’à tard dans la nuit d’hier, ni le chef de l’Etat, ni le 1er ministre ne sont enquéris de l’état de santé du ministre Anaky Kobena.André Silver Konankandresilver@yahoo.fr
Le Nouveau Réveil - N°1426 - samedi 16 septembre 2006

Anaky molesté hier par des manifestants à la Riviera : Le film d`un assassinat évité de justesse
samedi 16 septembre 2006

Il est 7h 10, hier à quelques mètres du corridor des Forces de défense et de sécurité (FDS) de la Riviéra Palmeraie. Des manifestants anti-déchets toxiques y ont dressé un barrage pour protester contre l`aggravation de l`odeur dans ce quartier. Une 4X4 Nissan arrive à cet endroit. A bord, se trouve Innocent Anaky Kobena ministre des Transports et président du Mouvement des Forces d`avenir (MFA, parti de l`opposition politique). C`est lui-même qui tient le volant. Sur le siège d`à côté, se trouve son aide de camp le Mdl N`guessan. A l`arrière, ont pris place son épouse Marie Yvonne et son benjamin, un enfant de cinq (5) ans. Il venait de Génie 2000 où il réside et se rendait à Ivosep pour la levée du corps de son frère Charlemagne Anaky Koffi, décédé le 28 août dernier.A la vue des manifestants, l`aide de camp en tenue de gendarme descend et tente de persuader les manifestants de laisser passer le véhicule. C`est à ce moment qu`un manifestant crie "c`est Anaky !". Tout se passe dès lors très vite. Le véhicule est pris d`assaut, les vitres sont brisées et le ministre prend la ferme résolution de descendre. Un groupe de manifestants se désolidarise et fait savoir qu`il faut le laisser partir, en avançant qu`il n`est pas responsable de leurs malheurs. Un autre groupe soutient le contraire. C`est ce groupe qui le contraint à prendre le chemin de la décharge d`Akouédo "pour qu`il aille respirer l`odeur, comme ça on va tous mourir", font savoir des manifestants. Entouré d`une foule surexcitée parmi laquelle des gens qui clament ouvertement qu`il faut en finir ou qui proposent qu`on "les braise", Innocent Anaky Kobéna, son épouse et son fils sont entraînés jusqu`aux encablures du camp d`Akouédo, sur la route de la décharge. Pendant ce temps, des individus le harcèlent, lui tapent dessus, l`injurient. Pendant ce temps aussi, son aide de camp qui n`a pas fait usage de son arme alerte des camarades du bataillon blindé d`Akouédo. Le véhicule est braisé. Ce sont les militaires alertés qui viennent arracher la famille séquestrée des mains de leurs agresseurs. Ils forment un cordon autour de lui tandis que des manifestants continuent de menacer. Au camp militaire d`Akouédo, la famille est placée sous la protection du chef de corps. Alerté, le chef d`Etat major des armées le général de brigade Philippe Mangou, se rend au camp. Il s`entretient avec le ministre et fait appel à un hélicoptère. La famille Anaky et lui-même y prennent place. Direction, une clinique privée située sur le boulevard de Marseille. Il est un peu plus de 8h. Pour Joël N`Guessan, joint au téléphone peu après l`évènement "c`est une tentative d`assassinat". Le général Magou s`est rendu en personne sur les lieux à Akouédo pour prendre avec lui le ministre Anaky à bord d`un hélicoptère. Dans l`aéronef, le général est joint par Mme Simone Gbagbo qui lui demandait si le Ministre Anaky allait bien. Jusqu’à tard dans la nuit d’hier, ni le chef de l’Etat, ni le 1er ministre ne sont enquéris de l’état de santé du ministre Anaky Kobena.André Silver Konankandresilver@yahoo.fr

vendredi 15 septembre 2006, 17h33
Pollution à Abidjan: manifestation violente malgré des annonces du Premier ministre
Par David YOUANT et Emmanuel DUPARCQ

ABIDJAN (AFP) - Plusieurs centaines d'habitants d'Abidjan manifestaient vendredi leur colère face à la persistance des émanations de déchets toxiques dans la ville, agressant même un ministre, malgré les appels au calme et le prochain nettoyage annoncés la veille par le gouvernement.Entre 200 et 300 habitants du quartier d'Akouédo, situé dans la commune abidjanaise de Cococy, bloquaient dans la matinée la circulation sur l'un des axes routiers principaux d'Abidjan avec des barrages de pneus enflammés, de planches et de vieux régrigérateurs, a constaté un journaliste de l'AFP.
Ils ont également incendié et pillé le domicile, une luxueuse demeure de type européen, du directeur du Port autonome d'Abidjan, Marcel Gossio.
M. Gossio, qui n'était pas chez lui vendredi matin, fait partie des quatre responsables administratifs suspendus jeudi de leurs fonctions par le Premier ministre Charles Konan Banny en raison des "défaillances" qui ont conduit les autorités portuaires à autoriser le déversement des déchets.
Un peu plus tôt, des manifestants d'Akouédo avaient agressé le ministre ivoirien des Transports, Innocent Anaky Kobeman, qui passait au volant de sa voiture, ont indiqué des riverains et des sources militaires.
Les manifestants l'ont fait descendre de sa voiture, l'ont brutalisé et emmené de force sur une site de déversement des déchets toxiques "pour que lui aussi puisse respirer les émanations", selon ces sources. Le ministre a du être évacué par un hélicoptère l'armée, a précisé une source militaire.
Les habitants d'Akouédo étaient descendus dans la rue pour exprimer leur ras-le-bol après avoir senti de nouveau vendredi une forte odeur semblable à celle des émanations toxiques et nauséabondes des déchets toxiques.
Sur place, la rumeur, non confirmée, courrait que des déchets toxiques avaient de nouveau été déversés dans la nuit.
Ces émanations ont intoxiqués plusieurs milliers d'habitants de la capitale économique ivoirienne (qui en compte environ 4 millions), et provoqué la mort de sept personnes et l'hospitalisation de 23 autres, selon le dernier bilan officiel fourni jeudi. Au total, le ministère de la Santé a recensé jusqu'ici "plus de 26.000 consultations médicales" liées à des intoxications.
La veille au soir, le Premier ministre ivoirien Charles Konan Banny était solennellement apparu à la télévision nationale pour annoncer plusieurs mesures, notamment le nettoyage des sites pollués à partir de dimanche.
"Nous serons très bientôt débarrassés de ces produits dangereux", a-t-il promis, en précisant que l'opération a été confiée au groupe français Séché.
M. Banny s'est surtout attaché à rassurer ses compatriotes, qui se plaignent du manque d'information sur la nature et les conséquences de la pollution, en rappelant notamment que le produit toxique n'était "pas radioactif" et que le réseau d'eau potable n'a pas été atteint, avant d'annoncer plusieurs mesures pour "protéger la chaîne alimentaire" près des sites pollués.
Il n'a pas exclu que des déchets toxiques soient toujours en circulation, indiquant que la police avait immobilisé huit des dix camions identifiés jusqu'ici comme contenant encore des produits toxiques.
M. Banny a confirmé que huit personnes avaient été arrêtés et quatre responsables administratifs, dont M. Gossio, suspendus dans cette affaire.
Le président ivoirien Laurent Gbagbo a de son côté affirmé jeudi soir que les auteurs du déversement des déchets toxiques, responsables de la mort d'au moins sept personnes, sont "connus" et "payeront pour leur crime".
Les centaines de tonnes de déchets toxiques ont été déversés à l'air libre sur une dizaine de sites d'Abidjan dans la nuit du 19 au 20 août par une société ivoirienne, Tommy, qui les avait déchargé avec l'accord des autorités ivoirienne d'un navire grec, le Probo Koala.


vendredi 15 septembre 2006, 15h54

Déchets toxiques: des manifestants érigent des barrages à Abidjan

ABIDJAN (AP) - Plusieurs centaines de personnes s'élevant contre le déversement de déchets toxiques à Abidjan ont brûlé des pneus et dressé des barrages dans les rues de la capitale commerciale vendredi, arrêtant et passant à tabac l'ancien ministre des Transports, a annoncé un responsable de son parti.
Les déchets toxiques provenant du pétrolier "Probo Koala", déversés en toute illégalité dans plusieurs décharges à ciel ouvert d'Abidjan ont causé la mort d'au moins six personnes et en ont intoxiqué des centaines d'autres, déclenchant la colère populaire et un scandale politique.
Trois barrages ont été dressés sur la route menant à la décharge principale d'Abidjan, tenus par des jeunes respirant derrière des masques blancs, armés de gourdins pour certains d'entre eux.
Ayant reconnu l'ancien ministre des Transports Innocent Kobenan Anaky, démissionnaire la semaine dernière avec le reste du gouvernement à cause du scandale, ils l'ont extirpé de sa voiture avant de le frapper et de le blesser au visage, a expliqué Joël N'Guessan, vice-président du parti.
Cette attaque était le seul incident violent enregistré sur ces barrages, où la police est arrivée par la suite pour tenter de reprendre le contrôle de la situation.
"Les gens veulent respirer. Ils ont l'impression que personne ne fait rien, alors que c'est une catastrophe nationale", expliquait un manifestant d'une vingtaine d'années, disant s'appeler Major.
Selon les experts dépêchés par l'ONU, 14 sites de déversement sauvage de ces déchets toxiques ont été recensés dans Abidjan, sans que l'on sache si la totalité des sites ont été repérés. AP

Thursday, September 14, 2006

Effets mortels des déchets toxiques - L’Oms annonce une catastrophe humanitaire

Le Front - 9/14/2006 6:56:14 PM
Le représentant résidant de l’Organisation mondiale de la santé pour la Côte d’Ivoire (Oms), Komlan Siamévi et celui de l’Organisation des Nations Unies pour l’Enfance (Unicef), Youssouf Omar ont affirmé hier, jeudi, à Abidjan que la situation humanitaire provoquée par la pollution des déchets toxiques déversés dans plusieurs sites à Abidjan, demeure très sérieuse et préoccupante.En raison de l’affluence des intoxiqués dans les formations sanitaires de la capitale économique. « Aujourd’hui, on nous fait comprendre que la phase aiguë du problème est passée, mais pour nous, ce que j’appelle la racine du problème demeure. Et que les actions doivent continuer », a déclaré Ernest Komlan Siamévi, lors de la conférence de presse hebdomadaire de l’Onuci, tenue hier à son siège, à Abidjan. Parlant des actions déjà menées en faveur des intoxiqués et des victimes des déchets toxiques, le représentant résident a indiqué avoir eu plusieurs réunions avec le comité interministériel mis en place par le gouvernement ivoirien, ainsi que le comité scientifique. Komlan Siamévi et le représentant résident de l’Unicef accompagnés de l’adjoint de Pierre Schori, Abou Moussa ont visité également les centres hospitaliers et universitaires de Cocody, Yopougon, Treichville et le centre de santé communautaire d’Akouédo, où se situe la principale décharge de la ville d’Abidjan. Les personnalités onusiennes, selon le patron de l’Oms à Abidjan, ont pu se rendre compte de la gravité de l’intoxication. Après avoir pris note, l’Oms, l’Unicef et l’Onuci ont offert un lot de médicaments et de matériels médicaux d’une valeur de 50.000 dollars soit près de 25 millions de Fcfa. Par ailleurs, Komlan Siamévi a interpellé les autorités ivoiriennes sur la surveillance épidémiologique, malgré l’arrivée des experts français et onusiens à Abidjan face à l’ampleur et la gravité de la situation. Au terme des différentes visites effectuées dans les formations sanitaires et Chu de la capitale économique, le représentant résident de l’Oms a indiqué également que la situation est devenue aujourd’hui très sérieuse. « Nous avons été particulièrement au Chu de Cocody, Yopougon, Treichville et au centre de santé d’Akouédo. Je peux vous dire que la situation est sérieuse. Les déchets toxiques dans la ville ont provoqué une forte angoisse au sein de la population. Et ceci a désorganisé les services de santé’’. Pour étayer ses propos, Komlan Siamévi a indiqué que le Chu de Treichville reçoit par jour 1000 à 1800 personnes. Et mobilise à cet effet, 22 médecins le matin, 22 l’après-midi et 22 autres la nuit soit 66 médecins. Ajouter à cela, 6 pharmaciens, une centaine de paramédicaux. ‘’Rien que pour le Chu de Treichville !’’, a-t-il martelé. ‘’Même la salle de radiologie est devenue une salle de consultations pour les personnes affectées. Autrement tout l’hôpital a été mobilisé pour les déchets toxiques. Nous avons été à Akouédo, il n’y a qu’un seul médecin qui est une dame. Elle est complètement submergée’’. Au regard de ce tableau, sombre et macabre, le représentant résident de l’Oms a conclu que la situation est suffisamment grave.Déless Goué (dematong@yahoo.fr)
Trafigura, affréteur au rabais

La société, basée aux Pays-Bas, a choisi Abidjan pour faire des «économies».

Par Sabine CESSOU
http://www.liberation.fr/actualite/monde/204345.FR.php
QUOTIDIEN : Jeudi 14 septembre 2006 - 06:00
Amsterdam de notre correspondante


Les responsables de Trafigura tentent, depuis lundi, d'opposer une défense à ce qu'ils appellent des «rumeurs». Parce qu'elle a affrété le Probo Koala, cette société de négoce international basée à Amsterdam se retrouve au coeur de toutes les accusations. «Greenpeace nous reproche d'avoir laissé naviguer pendant des semaines un bateau fantôme chargé de poison», s'indigne Jan Maat, porte-parole de cette multinationale néerlandaise, spécialisée dans le négoce de pétrole et de métaux de base. Trafigura, 630 employés et 20 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel, affirme avoir pris une décision d'abord et avant tout «économique», en livrant 581 tonnes de déchets toxiques à Abidjan.

Soucieux de raconter la «vraie histoire» de cette cargaison, Jan Maat rappelle que tout a commencé le 2 juillet à Amsterdam. Le Probo Koala, un tanker battant pavillon panaméen et détenu par des armateurs grecs, a été loué par Trafigura pour transporter de l'essence. «A chaque livraison, les cales du tanker sont nettoyées, conformément aux réglementations internationales, raconte Jan Maat. Les eaux sales du nettoyage, qui contiennent de la soude caustique et des restes de pétrole, sont pompées dans une cuve spéciale à bord du navire, avant d'être transférées à quai à des sociétés spécialisées dans le traitement des déchets.»
«Terrible odeur.» Des analyses ayant révélé que les eaux sales du Probo Koala étaient très polluées, Amsterdam Port Services (APS), la société qui devait traiter celles-ci, a voulu renégocier son contrat à la hausse. «La forte teneur des déchets en soude caustique a d'ailleurs été remarquée par les employés du port d'Amsterdam eux-mêmes, gênés par une terrible odeur, reconnaît le porte-parole de Trafigura. Nous avons d'abord décidé d'en traiter la moitié à Amsterdam et la moitié à Rotterdam, mais les délais nous auraient fait perdre beaucoup d'argent, 35 000 dollars par jour de retard au port d'Amsterdam et 250 000 dollars de pénalités au port suivant. Nous avons alors repompé les déchets à bord du navire et cherché un autre port.»
Conformément à son itinéraire prévu, le Probo Koala s'est donc rendu le 9 juillet à Paldiski, en Estonie, pour charger une cargaison d'essence à destination de Lagos, au Nigeria. Le 19 août, de retour du Nigeria, le tanker fait escale, à Abidjan pour se débarrasser de ses eaux usées auprès du groupe Tommy, une société ivoirienne. «Tommy est une société certifiée», rappelle Jan Maat, qui insiste aussi sur le fait que Trafigura a bien informé par écrit les autorités de Côte-d'Ivoire de la nature toxique de ses eaux sales, «à manier avec précaution». Sur tout ce qui s'est passé après la vidange de ses déchets à Abidjan, le groupe néerlandais décline toute responsabilité et affirme qu' «il n'y a pas de lien entre Tommy et Puma Energy, [notre] filiale en Côte-d'Ivoire».
Au siège de Greenpeace à Amsterdam, on continue de dénoncer le «dumping» dans un pays pauvre de déchets toxiques trop chers à traiter en Europe. «Trafigura aurait dû savoir que les déchets n'allaient pas être traités de manière appropriée en Côte-d'Ivoire, dénonce Eco Matser, chargé de campagne à Greenpeace. Ce n'est pas très difficile de se rendre compte qu'il n'y a pas les mêmes normes à Amsterdam et Abidjan.» Une perception que conteste Trafigura. «Abidjan est considéré comme l'un des ports les plus importants et les mieux équipés d'Afrique de l'Ouest», rappelle la multinationale.
Le scandale menace de prendre un tour politique aux Pays-Bas. Diederik Samsom, un député travailliste du Parti pour le travail et le progrès (PVDA, opposition), demande en effet des comptes à Ben Bot, le ministre des Affaires étrangères, ainsi qu'à Pieter Van Geel, le secrétaire d'Etat à l'Environnement. «Nous aimerions savoir si les autorités ont tout fait pour empêcher ce cargo de quitter Amsterdam sans avoir traité ses déchets, déclare Diederik Samsom. En principe, nos lois sur la pollution des navires ne prévoient pas l'option la moins chère pour les armateurs, mais la plus responsable.»
Justice. Le parquet néerlandais, de son côté, a ouvert une enquête sur les conditions dans lesquelles les déchets ont pu être rechargés à bord du Probo Koala, en contravention avec les lois néerlandaises et les conventions européennes. Trafigura, qui n'en est pas à ses premiers déboires avec la justice, tente de limiter les dégâts de cette nouvelle affaire sur son image. Une autre enquête est en cours, aux Pays-Bas, sur les opérations du groupe de négoce dans le cadre du scandale provoqué par le programme des Nations unies «Pétrole contre nourriture» en Irak. Des cargaisons illégales de pétrole irakien, acheminées par plusieurs intermédiaires, parmi lesquels Trafigura, ont en effet servi à financer l'armement du régime de Saddam Hussein.
Pollution. Christian Bouquet, professeur de géographie, évoque le rôle du Président Gbagbo et de son entourage:


«Le port d'Abidjan est une pompe à finances pour le régime»

Par Judith RUEFF
QUOTIDIEN : Jeudi 14 septembre 2006 - 06:00


Christian Bouquet, professeur de géographie politique à Bordeaux-III et spécialiste de la Côte-d'Ivoire, explique comment le port d'Abidjan est au coeur de tous les trafics.
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Le port d'Abidjan est le poumon économique du pays. Une telle affaire est-elle possible à l'insu du pouvoir ivoirien ?
A l'évidence, le port autonome d'Abidjan est un très gros fromage, attribué par Gbagbo à un de ses proches, Marcel Gossio, l'un des plus gros sponsors du parti présidentiel. Gossio est partie prenante avec l'épouse du Président, Simone, dans la société écran ­ Tommy ­ qui était censée épandre les déchets dans des décharges d'Abidjan. Il est probable que l'on savait que ces produits étaient toxiques, même si le chef de l'Etat a toujours dit qu'on lui avait garanti le contraire.
A qui rapporte le crime ?
Je l'ignore dans ce cas précis, mais il est certain que le port, qui a toujours été une pompe à finances pour le régime, est en excellente santé. Depuis 2004, le trafic est supérieur à ce qu'il était avant la coupure du pays en deux, en 2002, avec un record en 2005 : 18,6 millions de tonnes. Le trafic des produits pétroliers se porte très bien, avec l'ouverture d'un nouveau champ de brut et la hausse des capacités de raffinage. Tout cela représente évidemment beaucoup d'argent : 1 000 milliards de francs CFA (environ 1,5 milliard d'euros) pour le pétrole, 815 milliards pour le café-cacao. Mais cette rente s'évapore, et bien peu atterrit dans les caisses de l'Etat. Cette année, les prévisions de recettes fiscales pétrolières devraient atteindre 80 milliards d'euros. On est loin du compte.

Le scandale éclabousse-t-il le Président ?

Je suis surpris du risque qui a été pris d'accepter ces déchets pour des sommes relativement modiques, si l'on en croit la presse ivoirienne. Quelques milliards de francs CFA, ce n'est rien au vu de l'argent détourné chaque jour. Il y a sans doute eu dérapage à des échelons intermédiaires...

Et Laurent Gbagbo, une fois de plus, a su transformer l'affaire en coup politique, en démissionnant en bloc le gouvernement du Premier ministre Charles Konan Banny. Ce qui va lui permettre une nouvelle fois de repousser les échéances, alors que l'ONU examine dans quelques jours la question du désarmement et de l'identification des électeurs, et que son mandat expire en principe fin octobre.
Pollution
Des déchets qui empoisonnent Abidjan

Tandis que l'épandage des résidus toxiques du «Probo Koala» en Côte-d'Ivoire se poursuit, le désastre sanitaire vire à l'affaire d'Etat.

Par Charles AMAZOHOUNE
Liberation
QUOTIDIEN : Jeudi 14 septembre 2006 - 06:00
Abidjan correspondance

Des milliers d'Abidjanais sont malades, au moins six personnes sont mortes, la Côte-d'Ivoire n'a plus de gouvernement, mais ça continue : chaque nuit, des camions déversent les déchets toxiques laissés par le Probo Koala aux quatre coins de la capitale économique. Et chaque matin, les habitants découvrent une nouvelle poubelle sauvage. Lundi, par exemple, dans le canal de Marcory, au sud de la ville. Et hier matin encore, dans un village à côté d'Alépé, au nord de l'agglomération. Ceux qui en ont les moyens quittent la ville. Depuis bientôt un mois, l'affaire pollue l'air de la lagune Ebrié et l'atmosphère politique, déjà tendue à l'approche de la fin de mandat du président Gbagbo, en octobre.
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Traitement. La chaîne de la télé ivoirienne TV2 a révélé l'affaire, début août,dans un reportage passé inaperçu (un banal phénomène de pollution dans une agglomération en proie à une insalubrité chronique). Depuis, c'est devenu une affaire d'Etat. Le 17 août, Trafigura, un affréteur néerlandais, entre en contact avec un consignataire ivoirien, la société Waibs, pour qu'il trouve, au port autonome d'Abidjan (PAA), une entreprise capable d'enlever les «slops» (eaux usées stockées dans les cales) du Probo Koala, un navire grec battant pavillon panaméen. L'affréteur prévient que ces déchets, constitués de résidus pétroliers, sont d'une grande toxicité et doivent être traités avant d'être déversés dans la nature.
La société Tommy, qui venait d'avoir trois semaines plus tôt son agrément d'installation comme spécialiste en vidange, entretien et soutage des navires, enlève curieusement le marché au nez et à la barbe de sa concurrente l'Industrie de technologie et d'énergie, détentrice jusque-là du monopole de ces opérations. Or, comme le précisera plus tard le directeur de la navigation, de la sécurité et de la garde côtière,Tommy n'est qu'un avitailleur qui n'avait ni la compétence ni l'autorisation de curer les soutes d'un navire, encore moins d'en traiter le contenu. Cette société va pourtant présenter au commandant du port l'agrément du ministre des Transports : une quittance de la redevance des droits d'usage des installations portuaires, une attestation en vue de déverser le slop à la décharge d'Akouédo, un village de la périphérie. Et, pour couronner le tout, un accord d'escorte douanière.
Devant ces documents, la direction générale du port délivre le sésame qui permettra à Tommy de mettre en branle l'impressionnante logistique pour l'enlèvement de 400 tonnes de déchets liquides du Probo Koala. Le 19 août, de 22 heures à 3 heures du matin, 17 camions-citernes vont faire la navette entre le port et la dizaine de sites dispersés dans les dix communes de la métropole. Le Probo Koala, débarrassé de son dangereux chargement, peut lever l'ancre. Et ce, malgré la mise en demeure adressée au capitaine du tanker par le Centre ivoirien d'antipollution (Ciapol), qui s'était aperçu du vrai contenu des cales du navire.
Démoustication. Lorsque les premières émanations envahissent la ville, le 20 août, les Abidjanais pensent à l'opération de démoustication annoncée la veille. Une ruse pour noyer l'odeur insupportable de ces déchets ? Le gouvernement mettra du temps à réagir. Le 2 septembre, le ministre de l'Environnement informe l'opinion du déversement de déchets toxiques sur plusieurs sites. La population lance une opération «commune morte». Devant la colère qui monte, l'Etat met en place un comité interministériel présidé par un proche du président Gbagbo. Deux jours plus tard, le comité lance un véritable SOS aux ambassadeurs des pays de l'UE. La Côte-d'Ivoire n'a ni les moyens techniques ni les médicaments pour soigner les malades qui affluent .
Les premières analyses faites dans les labos de la Société ivoirienne de raffinage donnent une idée approximative du produit : un mélange à base de pétrole contenant de la soude caustique à forte dose et de mercaptan, qui capte le mercure. Entre-temps, des rumeurs de radioactivité des déchets alarment les populations, qui prennent d'assaut les centres de soins. Paris envoie cinq experts. Le Premier ministre affirme que le contenu du tanker n'est pas radioactif. Une nouvelle accueillie avec scepticisme, vu le bilan provisoire de six morts et plus de 9 000 victimes intoxiquées.
Vomissements. Avant que les premières têtes tombent, le gouvernement de Charles Konan Banny démissionne le 6 septembre pour donner l'exemple. Une décision qu'Alassane Ouattara, un des leaders de l'opposition, qualifie de «non-événement». Pour lui, priorité doit être donnée aux sanctions et à la prise en charge des malades. Ceux-ci se voient en effet délivrer des ordonnances après des consultations qui n'établissent aucun diagnostic précis. Les seuls traitements prescrits sont destinés à lutter contre les effets (saignements du nez, vomissement, diarrhées, céphalées, toux...) de ces gaz. Quant aux arrestations, elles n'ont touché qu'une demi-douzaine de seconds couteaux pour le moment.
Les responsables se renvoient la patate chaude. Le ministre des Transports accuse le gouverneur de la ville, Pierre Amondji, un fidèle parmi les fidèles du chef de l'Etat, d'être complice des pollueurs. Ses services ont ouvert cette nuit-là la principale décharge d'Akouédo aux camions-citernes de la société Tommy. D'autres noms circulent dans la presse : Marcel Gossio, le directeur général du port autonome d'Abidjan, considéré comme l'un des financiers du pouvoir ; le patron de la douane, le colonel major Gnamien Konan, un autre homme de confiance de Gbagbo. C'est dans cette atmosphère puante de déchets et de corruption que les Ivoiriens, qui ont le génie de tout tourner en dérision, ont inventé la Toxica ou la danse du déchet toxique. Son concepteur, Bédel Ier avait déjà inventé, il y a quelques mois, la Danse de la grippe aviaire...